Manifestations organisées par la Mairie

Samedi 8 juin 2014 : Inauguration du bâtiment communal de l'ancienne église de Saint-Juéry.


La commune de Saint-Juéry, en plus d'un château qui semble dater de la seconde moitié du XVIème siècle et d'une quarantaine de croix anciennes, a le privilège de posséder quatre églises, dont deux situées au village de Saint-Juéry  où, après une ancienne dite de style roman, une nouvelle a été construite au début du XXème siècle. Proches l'une de l'autre, à proximité du cimetière et de la croix de Saint-Georges datée du XVème, les deux églises et les espaces de jardins attenants constituent un ensemble patrimonial que la municipalité, avec le soutien de l'Association pour la Restauration de l'ancienne Eglise et Animation (AREA) et des habitants de la commune, a souhaité mettre en valeur en rénovant les bâtiments et en aménageant les espaces. 


Une église d'inspiration romane

Développée en Europe Occidentale au cours du Moyen Age, du Xème au XIIème siècle, l'architecture romane se caractérise principalement par des voûtes en berceau soutenues par de solides parois en pierre. Le qualificatif de « roman », quelquefois attribué de manière abusive à des édifices à la datation très incertaine parce qu'on y retrouve des techniques ou une « ambiance » qui semblent romane à l'observateur contemporain, peut s'appliquer à l'église paroissiale de Saint-Juéry qui rassemble des aménagements architecturaux composites incontestablement d'inspiration romane. Au dire des experts en histoire locale, lorsque les nouveaux seigneurs de Saint-Juéry construisent le château, l'église romane dédiée à Saint-Georges existe depuis longtemps. En 1832, au moment de sa création, la commune prendra le nom de ce saint patron. A l'origine, entièrement entourée par le cimetière de la paroisse, cet édifice se réduisait à une nef ornée d'un clocher. Le sanctuaire, la sacristie et les trois chapelles n'existaient pas dans leur forme actuelle. Jusqu'au milieu du XIXème siècle, selon l'usage, à l'emplacement de la chapelle localisée à proximité de l'entrée actuelle, l'accès était situé au Midi. Sur la face extérieure Nord de l'église, à une hauteur de deux mètres, on peut encore deviner « une litre », soit une bande noire peinte, ornée d'armoiries d'une largeur de 30 cm et d'une longueur de 8 à 10 mètres. Cette décoration funéraire de la fin du XVIIème siècle avait pour fonction d'honorer les morts de la famille noble des seigneurs de Saint-Juéry, la famille de Pascal propriétaire du château jusqu'à la Révolution française. 


Des ménagements nombreux, fréquentes réparations

Au fil des ans, en fonction des dégradations et de l'augmentation de la population, les curés successifs et les paroissiens réalisent de nouveaux agencements et assument de fréquentes réparations.  Elément remarquable de l'ensemble, le toit de l'église est réparé en 1736 selon la technique mise au point par Philibert Delorme, architecte royal du milieu du XVIème siècle. Au lieu d'utiliser une charpente traditionnelle faite de longues et coûteuses  poutres de chêne disposées en triangle, ce sont de petits éléments de bois assemblés en cercle qui servent à la charpente en lui donnant la forme d'une carène de bateau renversée. Probablement au milieu du XVIIIème siècle, une partie du cimetière est supprimée au couchant, pour construire une petite place destinée aux processions dominicales et autres manifestations religieuses. Après l'époque révolutionnaire, des aménagements d'envergure sont entrepris à l'intérieur de l'église, notamment en 1831, la construction des chapelles latérales au-dessous du choeur. Un texte ancien nous apprend que, comme le voulait la tradition, la chapelle du Midi a été dédiée à Saint-Joseph et la seconde à la Vierge Marie. En 1848, le conseil de fabrique fait crépir l'intérieur et l'extérieur de l'église pour consolider les murs. A ces travaux et aménagements s'ajoutent quelques années plus tard, de 1852 à 1853, une porte d'entrée, des voûtes pour soutenir la tribune et le clocher, deux escaliers latéraux pour monter à la tribune, une nouvelle chapelle, le blanchiment des murs... La nouvelle porte d'entrée de l'église étant située au Nord et, de ce fait, exposée au mauvais temps, les paroissiens se résolvent à construire un porche sur une partie du cimetière. En 1856, la tour carrée du clocher menaçant ruine est remplacée par une construction en forme de flèche. Détruite par la foudre en 1930, une nouvelle toiture lui sera substituée. En 1864, la croix de Saint-Georges sera positionnée sur un nouveau piédestal en face du porche. En 1925, lorsque la nouvelle église entrera en service, l'église romane n'étant plus utilisée pour le culte servira de salle paroissiale pour organiser des séances de cinéma, de théâtre ou des parties de quines. Enfin, à partir de 1972, ne correspondant plus aux normes légales de sécurité, ce bâtiment qui sera abandonné se dégradera rapidement. 


L'Association pour la Restauration de l'ancienne église et Animation

En 1988 est née l'Association pour la restauration de l'ancienne église et animation. Riche aujourd'hui de plus de deux cents adhérents, pour la plupart originaires de la commune, l'AREA a pour objectif, à travers des animations ou/et des spectacles, de créer du lien culturel et social. En 1990, cette association, avec le soutien de la municipalité de l'époque, a entrepris les premiers travaux de restauration. C'est à ce moment-là que les toitures ont été entièrement rénovées dans leur style d'origine. De 2008 à 2012, dans le cadre de deux programmes successifs et, suite à une expertise de l'architecte du Parc des Grands Causses, l'actuelle municipalité a entrepris et terminé les travaux de sécurisation, de réhabilitation et d'aménagement  : réparation de la clef de voûte ou claveau, décrépissage et nettoyage de la totalité des murs du choeur, du transept, de la nef, des trois chapelles, des voûtes de la tribune et du clocher ; éclairage intérieur et extérieur avec enfouissement des réseaux ; installation d'un point d'eau ; sécurisation du clocher et de la tribune par la pause d'un garde-corps métallique ; rénovation de la totalité du dallage intérieur ; aménagement des abords avec la création d'une calade et dallage d'un plan incliné en pierre de pays, type lauze, afin de permettre un accès aux personnes handicapées ; construction d'un muret en pierre de pays dans le prolongement de la croix du XVème et, enfin, création d'un espace communal de loisirs.  


Témoignage d'un riche passé, ce lieu patrimonial ne pouvait pas être laissé à l'abandon. Témoin de quelques aspects de notre histoire locale, cette modeste église invite à la contemplation, à la sérénité et à la paix. Elément de la cohésion de notre petite communauté rurale, elle garde, en son sein, le souvenir émouvant et précieux de ceux qui l'ont conçue, l'ont édifiée, l'ont animée ou l'ont fréquentée. 


Christian Font, Maire de Saint-Juéry.